Une des raisons pour lesquelles on a choisit Vancouver, c'était pour sa baie magnifique: English Bay. Un vent stable (ah bon?), un paysage magnifique, et un beau soleil couchant. Ça c'est d'abord sur le papier, et les températures de fin d'hiver ne nous ont pas poussés à partir à l'abordage de suite. Première sortie, on est proche de l'échec: sortie au moteur sous la pluie pour une visite guidée avec Kit, le vice-commodore du club. C'est pas hyper funky en termes de sensations, mais comme Kit et son pote sont bien sympa, on en profite pour discuter un peu, et c'est comme ça qu'on a un pied dans l'assoc' Jibset.
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| Ça navigue en baie de Vancouver ! |
Et puis, ça s'enchaîne doucement. Avec l'inscription au club, on a le droit à un cours chacun (2 soirées, 2 journées). Frede s'embarque pour le Crew, tandis qu'Antoine choisit directement le Bay Skipper. Je me rends compte qu'il y a du travail, et qu'il s'agit de traduire la totalité des termes marins en anglais. Il y a en effet un questionnaire écrit le dernier jour qui permet d'attester le niveau des futurs marins, des côtés des voiles aux écoutes, des drisses aux parties du bateau. Je me lance alors dans la recherche de nombreux schémas sur internet, que j'imprime et installe finalement dans l'endroit le plus propice à l'apprentissage: les toilettes ! La porte de la salle de bains se retrouve couverte de schémas, accompagnés de 2 ficelles (ou bouts pour les puristes) pour pratiquer les noeuds régulièrement. On passe chacun nos examens avec succès, et nous sommes donc officiellement prêts à prendre la barre.
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| Faut ce qu'il faut ! |
Début mai, la saison des Friday Night Racings (FNR) commence, et c'est l'occasion de rencontrer d'autres membres du club pour des régates amicales à bord des Martin 244 du club (des bateaux de 24 pieds/8m, conçus dans un objectif pédagogique). Les FNR sont affichées sur meetup, un site associatif d'événement, et permettent à toute personne intéressée de se joindre à la régate. On se retrouve donc avec un large panel de marins, du débutant au confirmé, avec parfois de belles surprises. Ce qui est bien, c'est qu'on se prend pas trop au sérieux (mais un peu quand même), et on change les rôles à chaque manche, ce qui permet à chacun de skipper (conduire le bateau) s'il le veut. Peter, le commodore du club, s'occupe de la répartition des bateaux, ré-explique le principe de la course. On file alors sur nos bateaux que l'on gréé (prépare), en vérifiant les moteurs, les voiles, le matériel de secours, puis on sort au moteur jusque dans la baie : j'ai nommé English Bay.
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| Tout droit après le Burrard Bridge |
Une fois passé les deux bouées d'entrée du port, on peut enfin hisser les voiles. Il faut alors faire face au vent pour éviter qu'elle ne prenne de la puissance. Et là, c'est souvent le moment préféré du marin : il éteint le moteur, le calme revient, et il peut enfin s'exclamer "We are now sailing" (maintenant on navigue !). On se dirige alors vers le départ de la course, à côté du bateau comité, dirigé par Harry, un chauffeur de bus avec un passé de stripteaseur en autre, on ne s'ennuie pas ! Comme un petit schéma vaut mieux qu'un long discours, voici un exemple de parcours bouée au vent/bouée sous le vent que nous pratiquons le vendredi soir. Le départ se fait entre le bateau comité et une bouée sous le vent, suivi s'une remonté contre le vent, avec des virements de bords comme il est impossible d'aller directement contre le vent. Après avoir passé la bouée vent, on descend vent arrière jusqu'à la bouée sous le vent, et on recommence pour un deuxième tour.
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| Un parcours classique d'une FNR |
Un moment important de la course est ... de prendre le départ ! Ça semble évident, mais hélas, ça ne l'est pas forcément. Notamment quand la marée ET le vent ont décidé de s'accorder pour pousser contre la ligne de départ. C'est très frustrant, mais ça n'arrive heureusement pas tous les jours ! La procédure de départ dure 5 minutes. Un premier coup de corne de brume lance le compte à rebours. De là les bateaux vont et viennent le long de la ligne de départ, l'objectif étant d'être parfaitement placé et de couper la ligne de départ à pleine vitesse quand le compte arrive à zéro. Et oui, sans moteur, ça n'est pas si facile. Surtout quand les priorités s'en mêlent : un bateau qui reçoit le vent de droite (starboard tack - tribord amure) est prioritaire sur un bateau qui reçoit le vent de gauche (port tack - bâbord amure) et un bateau sous le vent d'un autre est également prioritaire sur le second. Nous voilà donc dans le compte à rebours, trainant à droite du bateau comité pour le vent et les priorités, en essayant d'accélérer, de ralentir, tout en surveillant nos montres et nos concurrents. Coup de corne et c'est parti. On prend toutes nos écoutes (on tend les voiles) et c'est parti ! Ce qui est amusant à plusieurs, c'est qu'on peut se comparer ! Alors on passe notre temps à faire des réglages pour être les plus rapides.
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| Au près, on va les avoir ! |
On s'écarte les uns des autres, en fonction des stratégies, pour finalement se retrouver à la bouée. Ça peut un peut crier, un peu comme une sortie de boulot parisienne, mais rien de méchant (bon ok, on s'est rentré dedans une fois, plus de peur que de mal, mais c'est quand même impressionnant). Après le deuxième tour, on file droit vers la ligne d'arrivée et on pousse un grand cri en la traversant, en même temps que le klaxon qui signifie notre arrivée. En fonction du parcours et du temps, on peut faire de 2 à 4 manches. Le soleil nous accompagne et l'horizon qui passe du bleu au orange est tout simplement magnifique. On se retrouve ensuite pour un barbecue à côté du club, avec de bons burgers et hot-dogs, préparés par des volontaires du club. Le week-end a déjà bien commencé !
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| Un air de Friday Night Racing |
Avec Frede, on fait un début canon en gagnant les 3 premières régates. Je me rappelle que nos co-équipiers y étaient aussi pour beaucoup ! C'est bon pour la confiance et ça rend la voile assez facile ... jusqu'à ce qu'on se mette à perdre ! Un foc (voile d'avant) dont l'attache saute, un bateau qui ne pointe plus assez (qui n'arrive pas à aller vers le vent, même à 45°), un équipage qui ne réagit pas, et on découvre que ça n'est pas aussi facile que ça ! Mais c'est très bon pour l'apprentissage, et c'est l'occasion de découvrir que le navigation à un équivalent : la maintenance ! Le propriétaire de l'entreprise de location de bateau qui sponsorise Jibset, Coopers Boating, n'arrête pas de répéter que c'est idiot de posséder un bateau quand on peut en louer un, et qu'en terme de finance, il n'y a pas photo (c'est son avis, et il défend son bout de gras !). Ce qui est bien dans Jibset, c'est qu'on se retrouve tous les premiers samedi du mois pour s'occuper des bateaux. Cela permet non seulement d'offrir des tarifs d'inscription plutôt bas ($150/mois, soit 100€ pour une utilisation illimitée), mais surtout de découvrir les bateaux de l'intérieur.
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| Ça bouge oui/non, ça devrait oui/non ! C'est simple la maintenance ! |
Le classique de la maintenance, c'est le nettoyage du bateau. Sortez vos brosses et vos jets d'eau, et frottez ! Mais c'est aussi graisser/huiler les winchs (tourniquets pour tendre les cordes), vérifier les petits moteurs hord-bord, changer les lignes, réparer les voiles, écoper la cale, mastiquer les (petits) trous, bref tout pour s'amuser ! C'est surtout génial pour bien comprendre et connaître les bateaux, leurs faiblesses et leurs points d'attention.
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| Harry, John, Peter (et moi!), la fine équipe ! |
Début août, Harry me propose de participer aux Thursday Night Racing, organisées par le False Creek Yacht Club. Les choses sont un peu plus sérieuses, mais pas encore au niveau des Wednesday Night Racing du Royal Vancouver Yacht Club, dont les prix d'admission (au club) sont un peu élevés ($5800 à 26 ans, $29000 après 41 ans). Bref, avec Harry, John et Peter, on se lance dans l'aventure. Il faut dire qu'aucun de nous a vraiment de l'expérience (ok, sauf moi avec les régates du club voile de l'INSA au Grand Large, un lac à côté de Lyon). Il faut dire qu'on a fait l'exploit de sans cesse s'améliorer. Premier course, nous n'avons pas démarré (DNS - did not start), deuxième course, on a démarré sans finir (DNF - did not finish), troisième course (notez qu'on s'accroche), on arrive enfin à la finir, mais une demi-heure après l'avant dernier et finalement, aboutissement d'une saison, on arrive à voir l'avant dernier passer la ligne 10 minutes avant nous, mais on l'a vu ! Quelle progression ! J'ai participé comme j'ai pu depuis l'avant du bateau, notamment gréant le spinnaker, cette grande voile flottante à l'avant, spécialement conçue pour le vent arrière. J'ai fait toute les fautes possible, et en suis maintenant (presque) vacciné !
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| Trop cool le spinnaker ! |
Mais la voile, ce n'est pas que la course ! C'est aussi des matinées ou après-midi sympa avec des copains/copines, à qui l'on peut désormais faire découvrir la voile, un peut comme d'autres l'avaient fait pour nous par le passé ! C'est super de pouvoir expliquer les principes en jeu qui permettent au bateau de se mouvoir grâce aux seules forces de la nature (et du moteur, quand la nature se fatigue) et de passer un bon moment au grand air !
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| Rob & Jenna, nos passages du jour ! |
Maintenant que l'été est fini, il est temps de pousser un peu plus loin que Point Atkinson et de sortir d'English Bay ! La suite dans le prochain épisode !










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